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La 13e édition du festival
Le 17-18 octobre 2015
A la Bellevilloise
19-21 Rue Boyer
75020 Paris
Le thème : le climat
Entrée libre et gratuite

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Walden
Henry D. Thoreau
préface de Jim Harrison, traduction de Brice Matthieussent, éditions Le mot et le reste, coll.Attitudes , 2010

Le conseil général des Bouches‐du‐Rhône a eu raison de soutenir la publication de ce Walden élaboré par des passionnés. Ces derniers ont su regrouper, baliser et enserrer l’oeuvre ‐ infinie ? ‐ de Thoreau : une introduction lumineuse de Jim Harrison, une postface exigeante de Michel Granger, le tout porté par la traduction raffinée de Brice Matthieusent et clôturé par des plans de Concord et de Walden Pound. Une esquisse de sa « cabin » (cabane) révèle Thoreau en pleine lecture*, mais... l’auteur possède aussi une intrigante « maison » en ville entre le chemin de fer, la prison et le barrage du moulin !

Le titre Walden, en apparence énigmatique, est celui du lac situé au sud de sa cabane. Inscrire topographiquement sa pensée en ce lieu sauvage - à quelques miles de son lieu de naissance - marque la volonté d’y explorer et vivre selon une certaine conception du monde. Cette renaissance à soi s’ouvre sur un chapitre dont le nom serait rébarbatif, s’il ne révélait une véritable « économie de vie » (une philosophie) : un monde conçu autrement, re‐conçut en quelque sorte. Thoreau y déshabille d’abord l’homme civilisé de tous ses oripeaux civilisateurs : les vêtements la propriété (p. 39), l’acte de location (p. 40), etc. Ainsi l’homme croit « posséder une maison, mais c’est elle qui le possède.

Sa position de renoncement général, basée sur une décroissance anticipée, commence par lui (Où j’ai vécu, pourquoi) - puis s’étend vers le monde des lieux (Village, lacs, ferme Baker), des êtres vivants (Anciens habitants, visiteurs d’hiver, voisins animaux, animaux d’hiver), des actes (Lire, Solitude, Pendaison de crémaillère), soumis à des règles (Les lois) et dont émerge une temporalité (Printemps). Il conteste la division du travail (habiter une maison que l’homme n’a pas construite) et revendique une simple satisfaction des besoins (bâtir sa maison comme l’oiseau son nid) qui libèrerait nos facultés poétiques à l’image du chant des oiseaux. Il s’arrête à des moments de vie avec une forte jouissance à la Giono : sarcler les haricots, observer la perdrix maternelle, communiquer avec un simple bûcheron.

Thoreau reconstruit un monde autre en inversant sans cesse les perspectives **. Cependant cette société inventée et si proche de la nature s’inscrit dans les lignes d’un livre (la culture donc). En effet, l’ouvrage doit susciter chez le lecteur la métamorphose proposée. Outre l’homme, on découvre l’écrivain au style original. Il préfère « être assis sur une citrouille et l’avoir tout à (lui) » qu’être « au milieu d’une foule sur un coussin de velours ». La maison n’est qu’un « vestibule à l’entrée d’un terrier » (la cave). Que dire d’autre si ce n’est que la jouissance de la lecture invite vraiment à mettre en œuvre ce rêve « thoreauiste » (néologisme style rousseauiste). Un commencement presque Into the wild*** !

Jane Hervé

23 euros

*attrait évoqué dans le chapitre Économie.

** L’homme se croit gardien du troupeau, mais les troupeaux sont de fait les gardiens des hommes.

*** film de Sean Penn.


http://atheles.org/lemotetlereste/attitudes/walden/


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