









On savait Jean Malaurie fervent des terres arctiques ; il se pose désormais en défenseur de ce grand Nord en voie de disparition. Ce voyageur de l’absolu reste porté par son errance magnifique lors de la découverte du pôle géomagnétique, et par son appartenance mystique aux peuples premiers qui y vivent. Or ces lieux sublimes de glace et de toundra se fissurent, se brisent, se crevassent, entraînés par l’irréversible fonte des glaces. Une « crise majeure » s’annonce qui emportera hommes et espaces. Dans un élan fervent, Malaurie exige le respect de la biodiversité, prône l’éducation de tous (et même des éducateurs), soutenu par les experts et les coeurs de bonne volonté de l’Académie polaire. Son estime va vers l’homme‐nature, incarné ici par les Inuit. Il a fait sienne leur âme et leur maison, intégrant leurs coutumes, faisant sienne leur « maison », suçant même comme eux des « os d’oiseaux pourris ». Ce paradis où il a cheminé sans GPS ni boussole, où il a découvert une base nucléaire secrète US (Thulé) l’invite à penser l’homme autrement. La conscience « doit s’enraciner dans ce qui donne la vie ». Il doit s’intégrer à la nature sans chercher à la domestiquer (comme le prônait Descartes). Pour ce faire, il revendique « une gouvernance écologique mondiale ». Espérons qu’un tel hymne sacré lancé à la Terre‐Mère sera entendu des hommes et des politiques.
NDR : Cet écrit est extrait du Discours à la cérémonie de sa nomination à la fonction d’Ambassadeur de bonne volonté pour les régions polaires arctiques, par l’Unesco le 17 juillet 2007 et d’un essai encore inédit Leur prescience est primitive et ils sont innocents !
Jane Hervé
4 euros
ISBN 978‐2271066602





