









Il y a dans le travail de Sophie Touret un subtil mélange de force et de délicatesse. De force dans sa volonté de dénoncer l’emprise de l’économie sur le monde de la nature ; de délicatesse dans l’émergence des formes pour dire son âme écologique. Au premier regard, un simple caïman plastronne sur un globe entouré d’une mer de barques graciles et multicolores. C’est pourtant une vraie parabole. En approchant, on découvre que le reptile a de fort grandes dents et des griffes rageuses. Rien d’étonnant…Il incarne ni plus ni moins « le capitalisme dévoreur de nature ». Vêtu d’un costume gris, cet homme d’affaires fou - en proie à une effroyable « boulimie » - a dévoré tout l’or et les richesses du sol. Après avoir vidé la planète sur laquelle il se pavane, il l’a muée en un tas noir de « charbon » pollué et a en conséquence détérioré le climat. Néanmoins autour de lui, des hommes ont protégé la nature. Dans de multiples barquettes de Noë, ils ont engrangé du terreau et des pommes de terre, planté des arbres vigoureux. Ces sauveurs écolos ont ainsi entamé un processus de survie de l’humanité. Toute cette colère est dite – depuis les branches des arbres jusqu’aux légumes des barques - avec du fil et de la laine fragiles, mais travaillés et transformés de multiples façons. Le tout au salon textile Les aiguilles en fête.
Jane Hervé





