









Un livre de David Vann commence comme une aventure à la Henry Thoreau. Prix Médicis étranger et prix lecteurs de l’Express, traduit dans 50 pays, il raconte la vie âpre d’un père et d’un fils qui séjournent dans une île sauvage, vivent dans une cabane, laissent un ours détériorer l’intérieur et se bâfrer à leur insu, se nourrissent de pêche (truites Dolly Varten et saumon), de chasse (cerf et élan), aménagent un fumoir à viande, construisent une case pour préserver la nourriture l’hiver, élaboration de raquettes. Un an à survivre. Tout est toujours ponctué d’impréparation et d’incompétence. Le malaise vient de la personnalité d’un père incertain et inconscient : cet ex-dentiste a soldé simultanément son cabinet et sa vie amoureuse. Il fuit plus son passé et son avenir qu’il ne cherche à construire une relation au milieu de cette vie à l’écart du monde. Des incidents embarrassants se multiplient : panne de la radio, chute du père d’une falaise, etc. Autant de déboires et de provocations qui marquent la lente détérioration de la relation entre ces deux hommes, jusqu’au drame final – que je garde secret - qui n’aurait jamais pu advenir à Walden !
Jane Hervé





