









Pour participer à l’Année Internationale des Forêts, la revue Terre sauvage a préparé un numéro spé cial sur les Forêts de France. Elle y propose des rubriques sur l’histoire, les usages, l’économie, la protection, la biodiversité, le climat et la symbolique. Autant d’articles qui ont l’avantage d’être accessibles et même - d’une certaine façon - chaleureux. L’économie de la forêt doit respecter les lois de la nature, selon Robert Barbault, écologue du muséum d’histoire naturelle. Reconnaître que l’homme transformant le monde fait partie de la biodiversité, permet de dépasser l’anthropocentrisme et le statut privilégié qu’il s’attribue trop volontiers. Introduire l’argent dans la nature est « pervers », car tout libéralisme détruit la biodiversité existante : « Les lois de l’économie viennent après celles du fonctionnement biologique ». Une leçon à retenir qui conduit en toute logique à un éventuel développement philosophique. Michel Onfray conçoit ainsi les forêts comme des « miroirs de l’âme ». Sa perception - mêlant Démocrite mais également Kant pour le sublime - fait de la forêt un espace d’accueil « loin de la loi des hommes ». Jadis « l’homme ne faisait qu’un avec la nature ». Au demeurant, les dieux des religions naturelles - polythéistes - étaient du soleil, de la pluie, de la mer, etc. avant la domination monothéiste. Dès lors « recourir aux forêts, c’est solliciter la part la plus primitive, la plus naturelle, la plus abimée et la plus cachée » de soi. Une autre leçon à méditer qui invite d’abord à l’humilité, puis au rejet de toute domination de l’homme jadis vanté - par Descartes - comme maître et possesseur de la nature (par la science et la technique).
Jane Hervé
Terre sauvage, printemps 2011, 6,95 €





