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La 13e édition du festival
Le 17-18 octobre 2015
A la Bellevilloise
19-21 Rue Boyer
75020 Paris
Le thème : le climat
Entrée libre et gratuite

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René Mettler
Illustrateur et auteur Le grand livre de l’arbre et de la forêt, Gallimard jeunesse, 2010. Prix de la Petite Salamandre 2011

"Il faut apprendre à regarder"

Le Felipé : Quel est le rôle de l’illustrateur selon vous ?

René Mettler : C’est de mieux faire passer l’information. Dans un ouvrage, il faut transmettre un message, un savoir, mais de façon agréable, avec un souci esthétique. C’est ça tout le travail de l’illustrateur.

Comment travaillez-vous avec ces deux éléments : pensez-vous d’abord à l’illustration ou bien à l’information ?

René Mettler : Cela dépend des ouvrages, de la façon dont je traite le sujet. La démarche est différente à chaque fois. Cela va de l’image très simple et soignée, compréhensible d’un seul coup d’œil, avec un message très direct, jusqu’au documentaire, comme dans la série "La nature au fil de l’eau", où l’image est extrêmement précise, détaillée et riche. "Le grand livre de l’arbre et de la forêt", c’est également un documentaire : les textes sont très simples, mais très importants, et les images viennent les illustrer. Dans la nature, il faut être attentif, regarder partout. Ça n’est pas un zoo : il faut de la patience, avoir l’œil aiguisé, s’arrêter quand on voit quelque chose. Je dis toujours qu’il faut apprendre à regarder : c’est pour cela que les illustrations sont très pointues dans cet ouvrage. Ensuite, je fais une maquette pour moi car je trouve important de visualiser la taille de l’image, celle du texte, et la façon dont les deux s’agencent. Puis je travaille avec la maquettiste.

Pour "Le grand livre de l’arbre et de la forêt ", quelle était votre envie de départ ?

René Mettler  : Je souhaitais parler de l’arbre, mais c’est un vaste sujet ! C’est aussi la forêt et bien d’autres choses. Ce travail a donc grandi progressivement, j’ai rajouté des éléments au fur et à mesure de mes recherches et cela a pris beaucoup de temps. Ma toute première version n’a rien à voir avec le travail final ! Quand j’ai eu toutes mes illustrations et les textes, j’ai fait une maquette très succincte. Ensuite la maquettiste a donné de l’âme à ce produit brut, grâce à son travail extraordinaire.

Comment vous êtes-vous adapté à l’âge du public ?

René Mettler  : Je n’ai pas vraiment réfléchi à l’âge. Je me suis dit "je vais expliquer les choses simplement", ça peut donc s’adresser à des grandes personnes ! Je ne suis pas un spécialiste de la nature : j’ai appris, et je transmets ce que j’ai appris. J’ai raconté ça comme une histoire mais le guide, c’est l’image. Je pars toujours de l’image, qui est mon univers. Les sujets que j’ai choisis, ce sont des choses intéressantes visuellement. Ce n’est pas une compilation de textes sur lesquels j’ajoute des images, ce sont les images qui m’intéressent d’abord. Par exemple la page sur les records, ce sont de belles images, spectaculaires, c’est pour cela que nous avons choisi ce thème.

Vous n’avez pas toujours été illustrateur, comment êtes-vous arrivé dans ce métier ?

René Mettler  : C’est un long processus. J’ai une formation de graphiste, et je travaillais dans des agences de publicité. Puis j’ai fait un grand séjour à Londres, où c’était la grande période de l’illustration anglaise, et ça m’a complètement "allumé". Quand je suis rentré, je me suis mis à mon compte en tant qu’illustrateur. C’était un pari ! J’ai continué à faire de l’illustration pour la publicité. J’avais un client qui travaillait beaucoup avec des produits relatifs aux plantes etc. donc j’ai fait beaucoup d’illustration nature, et j’ai ainsi commencé à me documenter. Quand j’ai commencé chez Gallimard dans les années 80, la nature commençait à être un domaine important, c’était parfait pour moi ! Ça a été très progressif mais voilà comment on tombe dedans !

Quelles sont vos relations avec le public ?

René Mettler : J’aime beaucoup aller dans les salons car les rencontres avec le public et les discussions sur les ouvrages avec les lecteurs sont toujours très intéressantes. C’est aussi pour cela que le Prix de la Petite Salamandre est important pour moi : c’est celui des lecteurs !

Propos recueillis par Alice Gilloire





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