









Ce numéro d’automne de la Revue durable rend hommage à Romain Gary, l’un des rares écrivains - le seul ? - précurseur du respect de la biodiversité. Des citations opportunes extraites de Les racines du ciel ponctuent et rythment le dossier sur la biodiversité. Le choix éditorial est net et pragmatique : préserver en « vivifiant » la biodiversité biologique. Force est d’entamer un dossier par un état deslieux du monde peu glorieux (entre 1970 et 2000). Les espmarines, d’eau douce, terrestre et les vertébrés ont d’abord vu« leur habitat détruit » (disparition des marais, création de barrages). Les espèces de plantes et d’animaux se généralisent engendrant un appauvrissement génétique. Les causes répertoriées ? 1) Les habitations espaces naturels. 2) Le réchauffement climatique engendrent des di 3) La pollution au nitr4) La surexploitation. Néanmoins quelques petites victoires sur nos égoïsmes : il y a un peu plus de loups, de lynx, de loutres. Or chaque animal gère autour de lui tout un écosystème où il joue un rôle plus ou mimportant : l’espèce dite « parapluie » en protège ainsi une multitude d’autres. Ainsi le loup réintroduit dans le parc de Yellowstone (NDLR : créé en 1872, le Yellowstone est le plus ancien parc national au monde) réduit‐il la population de wapitis permettant aux jeunes saules et trembles de plus être rongés par ces derniers et de croître au‐delà de deux mètres. Cela permet en retour aux oiseaux, petits mammifères et insectes de s’installer dans les feuillus et aux castors de construire leurs barrages riches en biodiversité et aux bisons de se nourrir. Du coup, les coyotes s’esquivent en altitude et leurs proies (les antilocapres) réapparaissent ainsi que les grizzlis. Ce chaînon de transmission de la vie et d’équilibre où la mort des uns est nécessaire pour la survie de certaines espèces facilite une lisibilité globale de la « dynamique du vivant ». Il n’est plus questionde s’agripper à l’étude d’une seule espèce défaillante, mais à réfléchir désormais à la Romain « Ce n’était pas la peine de défendre cec problème, la protection de la nature ». La Revue durable, en accord avec elle‐même, étend cette réflexion sur le vivant en interviewant Sunita Narain, l’une des grandes défenseuses* indiennes de l’environnement. Tout combat local (ex : onze barrages au Sikkim) a des conséquences humaines graves et génératrices de pauvreté (inondation des terres de paysans, déplacement de population, et finalement aggravation de la pauvreté qu’on cherche à éradiquer). De quoi nous inviter à une réflexion plus large sur les méfaits (et parfois les rares bienfaits) d’une modernité planifiée d’en haut !
*Osons le néologisme.
Jane Hervé
La revue durable, 9 euros





