









A l’heure où certains semenciers (Monsanto) défraient l’actualité, il est bon de se plonger dans ce livre qui renvoie à la simple origine de l’acte de semer. Mieux vaut « produire » ses propres semences, ces « maillons indispensables de la chaîne de vie », si l’on veut retrouver les saveurs anciennes des légumes et des fruits. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ! Produire, acte volontaire, participe ainsi à l’intégration des plantations à la nature et au maintien de la biodiversité en une époque où cette dernière nous échappe peu à peu de façon peut-être irréversible.
Chaque plante a une « carte d’identité » que l’auteur Christian Boué, producteur et cultivateur lui-même de semences bio sur deux hectares, décrypte. Quelques règles générales de sélection - « les fondamentaux » - permettent de maintenir, améliorer ou créer ses propres graines, avant de réfléchir à divers critères (résistance, goût, précocité, taille, etc.). Les étapes pratiques de préparation, production et même post-production (!)sont exposées : travail du sol, fumure, semis, récolte, séchage et stockage des graines, etc.). Une sorte de dictionnaire de la production de graines les classe en légumes, plantes aromatiques et fleurs. Au fil de cet ouvrage rigoureux et pratique, le lecteur s’arrête sur les tortillons des roses trémières (dérivé d’outre-mer), découvre que les cornichons et les concombres de même espèce peuvent se croiser, que les melons d’origine tropicale sont arrivés dans les bagages des moines voyageurs, que la fécondation des maïs est croisée. Autant de pistes d’action pour un jardinage traditionnel.
Jane Hervé





