









Les bons sentiments ne font pas toujours les bons livres
Dans notre pays qui est le plus grand consommateur européen de pesticides (et de médicaments !), le cinéaste Jean-Paul Jaud * s’insurge en vrac contre la pollution des sols, des nappes phréatiques et de l’air, la mal-bouffe, l’augmentation des cancers et de la stérilité. Mais ce qui a fait un bon film de colère ne fait pas nécessairement un bon livre, même avec les meilleures intentions du monde. La multiplication des « je » et des « mon », le plan de l’ouvrage peu cohérent (nature contre culture, puis récit des tournages de ses deux films avec des appréciations méritées) rend la lecture difficile.
Néanmoins Jaud présente le modèle de développement que nous devrions suivre, avec l’exemple parfait de la commune cévenole de Barjac (1300 hb) dont le maire a inauguré une cantine bio. Ce n’est pas une mince entreprise, car il faut ensuite la fournir en produits bio. Or car la culture biologique manque aux environs engendre de nouveaux besoins. Une ferme jusqu’ici abandonnée va être mise en location à des agriculteurs bio. Autrement dit, le manger bio fait en quelque sorte boule de neige et transforme, outre les états d’esprit ,l’agriculture locale.
Une annexe opportune propose divers sites dont celui de Terre de liens, association courageuse, qui reconquiert les terres pour les planter en bio... comme autrefois ! Celui des Biocoop qui se battent depuis 20 ans pour Consommer Bio, ou d’Ecocert qui certifie l’agriculture bio. Elle offre aussi l’organisation d’une projection des films de J.P.Jaud, suivie d’un éventuel débat. Cette proposition positive peut aider à faire connaître une autre manière de vivre le monde, car le cinéaste manifeste d’évidence une énergie et une conviction inépuisables.
Jane Hervé
* Les films sont Nos enfants nous accuseront et Severn, la voix de nos enfants.
15€.





