









Situation globale avec quelques solutions locales !
La tentative était audacieuse : oser un premier atlas écologique à l’attention des enfants. Ceux‐ci doivent en priorité savoir et anticiper la catastrophe qui se prépare, tout simplement car ils feront la planète de demain... mieux que nous, on l’espère.
Globaliser en visualisant au mieux la situation particulièrement complexe et interactive de l’environnement est un défi. L’ouvrage d’Isabelle Nicolazzi parvient néanmoins à être simple et objectif (schémas, chiffres et exemples significatifs à l’appui), tout en désignant les inégalités entre les hommes directement liées à la crise écologique. En présentant d’abord la planète sous l’angle écologique, il donne d’emblée le ton de l’ouvrage : gaspillage d’un côté et pénurie de l’autre. Il aborde ensuite les ressources naturelles (la terre, l’eau, l’air, et pourquoi pas... nous, les hommes !), avant de proposer une gamme de solutions adaptées aux diverses cultures.
Sur la terre, 20 % de la population mondiale consomme 80 % des richesses naturelles. L’agriculture aujourd’hui intensive (avec engrais et pesticides) doit devenir raisonnée. La disparition des forêts participe à l’avancée du désert. La biodiversité sur le déclin suscite des dangers encore peu visibles : chaque disparition d’une plante engendre celle de 30 espèces. La chute de l’indice Planète vivante (basé sur 3 600 espèces de vertébrés) en témoigne. La gestion des déchets pose un continuel problème : nous produisons 2,5 milliards de tonnes de déchets contre 2 milliards de tonnes de céréales. Des faits significatifs imposent une réflexion sur les circuits de fabrication : un yaourt à la fraise parcourt 9 000 km avant d’arriver dans le réfrigérateur (verre, lait, fruit, couvercle). Les ressources en eau diminuent dangereusement. Une Africaine accomplit 6 kms pour fournir de l’eau à sa famille. Cette réalité est difficilement imaginable pour un Français habitué au gaspillage au robinet. L’eau douce est menacée (1 gramme de pesticide pollue 10 millions de litres d’eau). Océans et côtes sont gravement pollués.
L’air n’est pas mieux loti : la production toujours plus grande d’énergie engendre une pollution aggravée, laquelle perturbe petit à petit le climat (trou de la couche d’ozone de 27 millions de km2). Un autre fait significatif : 16 villes chinoises font partie des 50 les plus polluées au monde.
Autant d’exactions qui sont le produit de l’action humaine ! Un dernier chapitre présente toutefois des solutions locales valables qui sont autant de sources d’espoir : des éoliennes en mer au Danemark, le sauvetage de la mangrove au Cambodge, 64 barrages démantelés aux Etats‐Unis, le reboisement au Chili, l’usage de pailles filtrant l’eau polluée au Soudan, le fonctionnement du microcrédit en Papouasie‐Nouvelle Guinée. Même si ces solutions ne sont pour l’instant que des emplâtres sur une jambe de bois, elles marquent une prise de conscience de plus en plus active. En effet, aucune solution planétaire n’est acceptée par nos hommes politiques trop égocentriques et soumis aux forces économiques. Nul ne généralise encore la décroissance ou les nouvelles technologies non polluantes.
En fin de parcours, un dictionnaire succinct facilite le cheminement intellectuel des enfants (empreinte écologique, énergie renouvelable, biodiversité). On pourrait y ajouter la notion de « développement durable ».
Jane Hervé
15,90 euros
NDR : ce titre figure dans la sélection officielle du Prix de la Petite Salamandre 2010.





