









17 000 des 47 000 espèces animales sont menacées, environ une sur trois. Un risque si grave reste pourtant difficile à imaginer et encore plus à concevoir. Que serait un monde sans perroquet bleu, sans barrière de corail, sans roussette rousse, sans takin ? De fait, cette biodiversité permet aux hommes de se nourrir, de se soigner, de s’approvisionner, bref d’exister. Elle est essentielle, même si pour son malheur elle essaime entre des milliers d’animaux, de plantes, etc.
Dans cet ouvrage, 34 espèces sont classées géographiquement continent par continent, puis pays par pays : du dauphin rose amazonien au furetà pattes noires d’Amérique du nord, du phoque noir de Turquie au bison de Pologne, du loup d’Abyssinie au chameau de Bactriane, de la grue du Japon au dragon de Komodo indonésien, du vari au gorille africains. Non, ce n’est pas un inventaire à la Prévert, mais une liste de bêtes qui diminuede décennie en décennie. Les photos sont souvent originales : le macareux à la gueule emplie de sardines, le crapaud offre au regard son postérieur, les éléphants entrelacent ensemble trompes et défense. Les aquarelles sont charmantes. Il émerge de cet assemblage un sentiment de proximité avec l’homme, cet animal amélioré.
Pour sortir ces bêtes de l’oubli et éviter leur disparition, la fiche WWF est basée sur les campagnes de mobilisation. Elle rappelle la situation de l’animal et établit parfois des parallèles ou liens imprévus. Dans « le loup d’Abyssinie et nous », WWF rappelle que les 75 langues éthiodésignent différemment l’animal. L’association en infère une sage réflexion sur la diversité linguistique : « Chaque langue est à l’image du peuple qui la parle ». Or une langue disparue engendre « moins de choses à partager » et moins de place à la diversité des cultures. Quant au poisson‐scie, il se retrouve sur les billets de francs CFA. Le crocodile, quant à lui, est l’emblème d’unmarque de polo (non nommée, ouf !) ; le cou de la girafe renvoie aux thèses de Darwin (son grand cou permet d’attraper les feuilles hautes) ; le requin‐marteau incarne l’âme en Polynésie et estmotif le plus tatoué des habitants des îles d’Océanie ; le corail vivant fait partie du patrimoine mondial de l’humanité, le kangourou arboricole perd son habitat en Papouasie, tout comme les 312 peuples papous qui risquent d’être dépossédés de leurs terres en raison des richesses minières et du bois des forêts.
On regrettera certes la présentation vieillotte (peu enfantine) et la lisibilité graphique (répétition de titres variés, lettrines injustifiées) manquant d’évidence. Le titrage souvent faciaurait mérité mieux : « adorable lémurien, superbe canidé, formidable planeur, un excellentéquilibriste ». La démarche écologique devrait avoir une signalétique particulière. Les actes écologiques pourraient être placés en rapport avec la page liée à l’animal (ex : réduire la facturchauffage se trouve dans le chapitre « loutre de mer", la limitation des feux de camp dans le chapitre "tortue de Hermann". Dommage.
Jane Hervé
19,50 euros.





