









L’ouvrage se compose de quatre grands chapitres. « Un service « grand nettoyage » » traite du rôle de l’eau et de l’air. « Le petit personnel d’entretien » aborde le rôle et la préservation du sol (l’humus ), l’équilibre apporté par les chaînes alimentaires et le recyclage. « Des chantiers pharaoniques » parle du cycle de l’eau, de la répartition de la chaleur fournie par le Soleil (l’effet de serre naturel) et de son utilisation (le cycle du carbone). « Des productions inestimables » nous renseigne sur la production « d’aliments indispensables pour nourrir tous les êtres vivants », celle des fruits, légumes, graines et épices grâce au phénomène de la pollinisation mais aussi sur la « fabrication » de richesses fabuleuses mais en quantité limitée des minéraux, des métaux et de l’énergie solaire fossile. Ce dernier chapitre, le plus long, termine le livre avec l’évocation de la biodiversité, de l’évolution des espèces et de la plasticité du vivant.
Chaque mini-chapitre s’organise suivant trois axes : tout d’abord, les systèmes que la nature a mis en place et éprouvés depuis des millions d’années pour résoudre les problèmes sans gaspiller inutilement matériaux ou énergie, ensuite les techniques humaines qui s’en inspirent, et enfin une activité proposée au jeune lecteur, simple à réaliser mais qui lui permet de bien comprendre le propos. Un exemple (parmi beaucoup d’autres) ? La nature empêche le sol de disparaître grâce aux plantes et aux arbres qui le fixent, les hommes protègent leurs cultures en plantant des rideaux d’arbres ou dans les zones désertiques grâce à la technique du « zaï » qui leur permet d’obtenir, grâce au remplissage avec du fumier de trous protégés du vent et de la chaleur par des branchages, l’installation de termites qui creuseront le sol de galeries où l’eau pourra s’infiltrer… Quand la terre sera prête, ils planteront des arbres, comme le baobab, l’eucalyptus, l’acacia ou le karité, qui résisteront à la chaleur et à l’érosion tout en leur fournissant de précieuses denrées. Quant au jeune lecteur, il lui est proposé de s’initier à la technique du paillage pour protéger son coin de jardin.
Tout le livre est ainsi construit en un va-et-vient intelligent de comparaisons entre les œuvres de la nature et celles des hommes, c’est là sa force et son originalité. Il ne s’agit d’ailleurs jamais de morale, mais plutôt de bon sens, même si l’auteure nous a prévenus d’entrée de jeu : « à force de lui en demander toujours plus, la nature se met parfois en arrêt maladie ou en grève. Et si elle prenait sa retraite, nous n’aurions plus longtemps à vivre. Car la nature est notre unique pourvoyeuse, notre bien commun à tous ».
Un ouvrage à recommander, avec une approche vraiment très originale, il est dense mais bien construit, agréablement illustré - comme en témoigne la merveilleuse photographie de couverture représentant l’ombre de fourmis Atta, coupeuses de feuilles - et bien mis en page.
Dominique Fourment





