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La 13e édition du festival
Le 17-18 octobre 2015
A la Bellevilloise
19-21 Rue Boyer
75020 Paris
Le thème : le climat
Entrée libre et gratuite

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Lamarck, un prophète en biodiversité

Le chevalier de Lamarck, trop souvent oublié, est l’un des premiers naturalistes (avec Buffon) à avoir inventé et soutenu - avant Darwin - l’idée de transformation des espèces dans ses Recherches sur l’organisation des Espèces (1802) et sa Philosophie zoologique (1809). Cette seule pensée marque une véritable révolution des conceptions scientifiques naturalistes au début du XIXe siècle. Une telle transformation se passe au fil des contacts entre l’être vivant et le monde extérieur, au rythme accéléré ou ralenti du mouvement de la vie. Ce changement n’est possible que parce que la « vie » possède son propre mode et sa propre unité (donc peut se développer et se modifier), quelle que soit l’espèce.

Or ce fondateur de la biologie moderne, s’appuie sur cette modernité transformiste (aujourd’hui largement acceptée et affinée*) et l’applique à l’homme. Il propose ainsi une véritable vision de l’évolution de l’humanité. Evolution qui interpelle le penseur ‐observateur et l’incite déjà à la critique prémonitoire. Dans son Système analytique des connaissances positives de l’homme, Lamarck inscrit ni plus ni moins la problématique écologique actuelle (sans en avoir le vocabulaire). Cet ultime ouvrage, publié en 1820, dénonce « l’égoïsme trop peu clairvoyant » d’un homme - traduisons par « des hommes » ‐ poussé à satisfaire ses « propres intérêts », à « jouir » de tout ce dont il peut disposer avec une insouciance envers « l’avenir » et « ses semblables. » Avec une intuition stupéfiante, le philosophe affirme que les hommes participent ‐ déjà ‐ à l’anéantissement et la destruction de leur espèce.

Par quel double processus ? D’une part, l’homme détruit la nature. En éliminant les « grands végétaux qui protégeaient le sol », il engendre la « stérilité » de la terre, le « tarissement des sources », et la disparition des animaux désormais sans « subsistance ». Autant de conséquences qui touchent, par de multiples ricochets dans le monde animal, l’espèce humaine parmi les autres. En effet, les terres jadis fertiles deviennent « nues et stériles, inhabitables et désertes », autrement dit peu nourricières. Nul doute qu’il est déjà question - sans utiliser le concept contemporain anglo‐saxon - de la défaillance tragique de la biodiversité. Le constat lamarckien a été aggravé par le développement industriel au cours des XIXe et XXe siècle qui, au nom du bien‐être incontestable (électricité, nouvelles technologies, etc.) s’est avéré être également néfaste (disparition des espèces, pollution des terres par les pesticides, déchets nucléaires dont on se débarrasse chez le voisin, etc.).

D’autre part, selon Lamarck, l’homme se lance par passion dans des guerres « perpétuelles » contre ses semblables, les « détruisant » et les « appauvrissant ». Inutile de faire l’étalage des innombrables conflits ethniques, religieux et nationalistes qui émaillent l’actualité politique internationale. Autant de conflits terribles qui se multiplient aujourd’hui avec le drame des terres devenues désertiques ou stériles qui oblige leurs habitants - survivants des premières famines - à immigrer vers des terres encore provisoirement nourricières. Les réfugiés écologiques , forcés de s’exiler, engendreront ici la dépopulation, là la surpopulation (basculement migratoire du sud vers le nord).

Ce double système de causalité, intuitivement croisé par Lamarck dans un même paragraphe, le conduit à conclure que « l’homme est destiné à s’exterminer lui‐même après avoir rendu le globe inhabitable. ». Est‐il si loin que cela de notre vérité écologique ? Les hommes qui sont intervenu par inconscience dans l’évolution des espèces, collaborent aujourd’hui consciemment à l’effacement, voire la disparition, de leur propre espèce humaine. En terme moral, notre égoïsme est une bombe à retardement, préparée par des siècles de progrès, et qui nous explose au visage. Etat que la « philosophie zoologique » avait prévu, au risque d’être alors perçue jadis comme un prophétie de mauvaise augure, mais considérée aujourd’hui comme salvatrice.

Jane Hervé

*hormis par les reflux vers un créationnisme à base religieuse.





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