









L’auteure constate la mort paradoxale d’une utopie - l’universalisme - à l’heure où le mondialisme aurait pu en faciliter l’émergence. Revisitant certains concepts, rendus éculés par la pratique, Caroline Fourest nous incite au questionnement. Faut‐il... substituer le droit à l’indifférence à celui de la différence ? Se méfier de la notion de diversité qui pérennise justement la différence (au risque de nuire à la logique d’égalité) ? Dénoncer les statistiques ethniques impossibles à mettre en oeuvre ? Mesurer les risques de la discrimination positive qui est avant tout discrimination au risque de conduire à la conscience de caste ? Intégrer des quotas (sexe, couleur, etc.) qui mettent en péril le choix résultant d’un vote libre ? L’antidote laïque (p 215) est une alternative complexe à l’heure où le multiculturalisme « à la dérive » montre les limites de la tolérance (au Pays‐Bas, affaire Ayaan Hirsi Ali et double langage de Tariq Ramadan). Comment faire perdurer la République une et indivisible, avec les nouveaux pièges qui poussent à l’intolérance envers les intolérants ? Au nom de la laïcité, il reste de surcroît à se méfier et ne pas s’embringuer dans une nouvelle religiosité.
Jane Hervé
20,90 euros





