









Faire son marché en pleine forêt
Elle nous fait rêver cette Linda Louis qui ne fait pas ses courses au supermarché (même bio), mais qui part avec son cabas et son couteau en plein bois ou en plein champ. Elle ramasse ça et là des châtaignes, des noix, des prunelles dans les haies, des champignons dans les sous-bois, des orties sur les talus, et récolte même la sève sous les écorces. Sans en avoir l’air, cette glaneuse responsable a méthodiquement classé 32 plantes comestibles en herbes, arbustes et arbres, tout en proposant leur « carte d’identité » et précisant la saison de pousse (souvent le printemps !). Cette écocitoyenne donne d’abord « les règles d’or » de la cueillette sauvage, dont la première est la préservation du milieu naturel. Elle met d’emblée en garde contre les risques pour la santé (confusion de plantes, agression de certaines tiques, etc.), avant que le lecteur enthousiaste ne parte trop hâtivement en balade-cueillette.
Cette gourmande dévoile ensuite ses secrets simples et précieux d’une « cuisine sauvage » pour fabriquer du carpaccio de coprins ou du lait de châtaigne, fumer des noix ou confire des prunelles, préparer de la gelée d’épicéa ou de la tapenade de trompettes-de-la-mort, cuire une fougasse aux asperges des bois ou du pain à l’ail d’ours enroulé sur une branche. On peut désormais manger de la soupe d’orties sans penser qu’il s’agit d’une punition ! En concoctant ces plats, nous sommes finalement renvoyés en ces temps de cueillette antérieurs à l’agriculture, tout en respectant la nature et ses ressources actuelles en voie d’épuisement.
Jane Hervé





