









La revue trimestrielle Interdépendances perpétue sa marche vers une société durable. Pour son dernier numéro, elle a choisi comme rédacteur en chef Pierre Rabhi, expert en agroécologie, auteur exigeant du Manifeste pour la terre et l’humanisme (Actes sud, 2008) et concepteur de la « sobriété heureuse ». Rêvons avec lui d’un monde autre. Le grand dossier traite de la faim dans le monde : « Famine, changement de régime ». Regardons la planète en face : un homme sur six dans le monde a faim et vit dans les zones rurales des pays en voie de développement. Trois sur six souffrent de malnutrition. Partout les paysans sont les premières victimes. Les causes sont diverses : tout d’abord, les semences étaient transmissibles de génération en génération. Or leurs remplaçants soit ne sont pas reproductibles (les hybrides), soit le sont( OGM) mais contaminent l’environnement ( bétail, terres ). Deuxièmement , on constate partout la « mort physique des sols » épuisés par les pesticides, les nitrates, etc. : l’agriculture chimique détruit les vers de terre aérant le sol et les champignons fabricant l’humus.... Troisièmement , des « razzias » sur la terre commencent à l’échelon mondial : Chine, Inde et Etats du Golfe achètent des terres ailleurs faute de pouvoir utiliser les leurs. Rabhi tire des leçons de cette évolution catastrophique et dénonce la prépondérance mondiale de l’argent : « les dollars ne se mangent pas ». L’homme dont le rapport premier est de fusion avec ses sources alimentaires s’est mué en un vulgaire consommateur. Il a cherché le profit et oublié l’intérêt collectif. De ce fait, il s’est embringué dans un redoutable cercle vicieux : l’environnement rend malade l’homme qui absorbe des médicaments dont les résidus polluent les eaux. Rabhi propose des initiatives au combat du « décroissant » : consommer local, composter les déchets, faire de la récup., proposer des trocs (SEL), utiliser les services publics, tester une journée sans viande.... Alors, passons aux actes.
J. Hervé





