









L’humain est un animal qui s’ignore et vice-versa
Comment cerner les ressemblances entre les animaux et les hommes ? Comment saisir les limites de ces similitudes ? Le pragmatique Jean-Baptiste de Panafieu, auteur de Humanimal, notre zoo intérieur, découpe d’abord le corps en ses parties (extérieur du corps : membres, tête, peau ; puis intérieur), avant de distinguer les sexes, les comportements, pour tracer un « buisson » généalogique animal. Au sein de chaque espèce d’hominidés, le scientifique moderne détecte nombre de sous-espèces distinctes. L’auteur progresse ainsi du plus apparemment simple au plus assurément complexe. La décomposition méthodique des chapitres, organe par organe ou attitude par attitude, montre que « l’humain » trouve son « origine » dans l’animal au terme d’une « évolution ». Ainsi le coelacanthe, puis le tiktaalik rosae (poisson osseux) ont des nageoires pectorales et pelviennes rigidifiées par le squelette osseux qui les rend proches des membres des quadrupèdes (que nous sommes encore avant de nous hisser sur nos deux jambes). Du cordon ombilical au rire, du langage à l’invention d’outils, une curieuse fraternité nous lie avec les animaux, montrant que nous sommes au mieux des animaux améliorés (tantôt gibbon égalitaire, tantôt crocodile provisoirement maternel, etc.), au pire animal parmi les animaux (tantôt gorille dominateur, tantôt féroce éléphant de mer amoureux, etc.). De surcroît, nos expressions langagières, qui établissent un comparatif animal (marcher comme des canards, faire le paon, etc), rappellent une parenté qui n’est pas que de comportement.
En février 2011, le prix La science se livre récompense ce livre pour adolescents qui rapproche - aidé par l’humour d’un des illustrateurs - Kant de King-Kong et du Kangourou.
Jane Hervé
15 euros





