









Une merveille comme toutes les productions Salamandre. Un défi aussi pour l’auteur Christian Fosserat : voir dans le noir de la nuit, capter l’insaisissable en un instant souvent crépusculaire après un long travail de repérage nécessaire pour… découvrir les secrets de ces fascinants oiseaux. Ces « créatures de l’ombre » - chouette chevêche, le hibou moyen-duc ou celui des marais, etc. – émergent des branchages et du ciel en une stupéfiante beauté. Il y a le « club des dormeurs » se camouflant dans les branches de mélèze, les vols de chasse des moyens-ducs, les chouettes ébouriffées comme saisies en plein éveil, la bagarre entre un milan et un hibou des marais qui a capturé un campagnol, des rivalités magnifiques dans la nudité du ciel (p 41). L’auteur suisse s’est rendu en Cappadoce pour découvrir un petit-duc version turque qui « chante le bec fermé », un petit « lutin des bois » (la chevêchette) prêt à l’envol ou calfeutré dans un tronc d’arbre, des quadruplés chevêchettes au garde-à-vous sur un sapin, une délicieuse hulotte somnolant dans un vieux nid de merle et ses si émouvants poussins. En Argentine, Christian Fosserat a trouvé la chevêche d’Athéna dans les clapas caillouteux des pâturages. Il a photographié son accouplement, la nourrissage des petits. Il a su inscrire l’oiseau au milieu des autres familles animales de busards, de pic noir, de faisans dont les proies (hérissons, campagnol). Et puis en fin de parcours, il propose une photo-devinette (p 130-131) où il nous faut trouver le grand-duc qui s’est camouflé dans un somptueux paysage de roches et d’arbres (je n’y suis pas sûre d’y être parvenue !). Et en fin de la fin, le petit truc pédagogique très Salamandre : la panoplie des neuf chouettes ou hiboux pour faciliter la reconnaissance : le hibou grand-moyen-ou petit duc, la hulotte, l’effraie des clochers, la chevêche et la chevêchette, et la chouette de Tengalm « au chant doux et envoutant ». Une invitation à sortir en pleine nuit en entendant un hululement grave ou un chant flûté !
Jane Hervé
*J’aimerais avoir la réponse : en bas ou en haut de l’axe de symétrie.





