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La 13e édition du festival
Le 17-18 octobre 2015
A la Bellevilloise
19-21 Rue Boyer
75020 Paris
Le thème : le climat
Entrée libre et gratuite

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Opinion d’une femme sur les femmes
Fanny Raoul
présentation de Geneviève Fraısse, Edition Le passager clandestin, 2011

Femme des lumières, une guerrière des mots

D’où émerge la parole de Fanny Raoul qui publie en 1801 ce brûlot féministe, Opinion d’une femme sur les femmes ? Que sait-on de cette bretonne de 30 ans ? Peu de choses, hormis qu’elle écrivit une pièce de théâtre La tyrannomanie (laquelle fut plagiée mais jouée) et qu’elle fut soutenue par la femme de lettres Constance de Salm ? En conséquence, cette penseuse-citoyenne se devine surtout à travers ses mots : concepts et catégories philosophiques (« préjugé, assertion, droits et devoirs, nature, essence des choses, société civile », etc.) participent au développement de la raison dans les « temples des lumières et de la philosophie ».

Cette méconnue a la verve rageuse revendique le bon sens pour penser le féminin. Surprise, elle titre son pamphlet comme une « opinion ». Cependant avoir une simple opinion quand on est femme, au tout début du XIXe siècle, marque une audace émancipatrice et un défi railleur sous une fausse modestie provocatrice. Elle cerne le féminin à la racine, a partir de l’état « de nature ». Cette nature - comparée à une mère - prépare les sexes à « s’unir » en vue de la reproduction, non à se dominer l’un l’autre. Or dans l’état social - de culture, dirons-nous - « avidité, force, audace, injustice, puissance » font autorité et engendrent « l’esclavage » aussi bien des femmes que des nations pacifiques. L’auteure a une profusion d’arguments, souvent bıen sentis et parfois teintés d’humour. Si la force physique engendrait effectivement sagesse et liberté, nombre d’hommes en seraient dépourvus ! A contrario, toute faiblesse physique devrait engendrer une absence d’esprit. Or certains hommes physiquement « débiles » (Esope, Pascal, Rousseau, Montaigne) révèlent et confirment néanmoins des aptitudes a la pensée ! De la a subodorer que les femmes aussi puissent en être pourvues, il n’y a qu’un pas. Elle poursuit son raisonnement pertinent : si la force physique importait seule dans le monde, nous devrions être gouvernes par des gladiateurs ! Dans tous ces cas, l’impossibilité d’universaliser la pensée machiste en montre l’absurdité. De « l’égalité naturelle » dérive « l’égalité civile ». En conséquence, puisque les hommes et femmes se sont réunis pour se reproduire, ils devraient continuer à le faire pour... former et maintenir la société. C’est loin d’être le cas ! La belliqueuse F.Raoul stigmatise divers paradoxes avec brio : « Elles ont des fils, des époux, des concitoyens et elles ne sont ni mères, ni épouses, ni citoyennes ». Les philosophes libèrent « les nègres », mais gardent leurs femmes dans les chaînes ! Tous les hommes ne sont pas faits pour manier la truelle, toutes les femmes ne le sont pas pour manipuler l’aiguille ! Pour propager les lumıeres, mieux vaut les rendre communes aux deux sexes ! Au nom de cette égalité civile, elle refuse toute domination et nargue le dominateur avec des propositions originales comme éliminer les prix de beauté pour lancer ceux d’instruction. Pourquoi réserver à l’homme les charges civiles, la propreté, la paternité ? D’où vient cette fatalité pour cette républicaine ? Du manque d’amour et d’estime des femmes par leurs congénères masculins.

Ce texte est présente par G.Fraısse qui rappelle que F.Raoul a publie divers écrits. Certains étaient signés “une française”, preuve s’il en est de son statut de citoyenne analysant la charte constitutionnelle de 1814. Il est suivi par la critique narquoise de Marie Desplechin évoquant l’élection du prix de la personnalité culturelle 2010 de Radio France : seuls des hommes y figurent, ce qui montre a quel point des poches de résistance misogyne perdurent dans la société, deux siècles plus tard.

Jane Hervé

7 euros





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