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La 13e édition du festival
Le 17-18 octobre 2015
A la Bellevilloise
19-21 Rue Boyer
75020 Paris
Le thème : le climat
Entrée libre et gratuite

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Écrire la forêt tropicale ?

Écrire à la première personne comme l’intrépide auteur-narrateur qui s’est mis en tête l’idée folle de traverser à pieds la forêt de Bornéo, qui souffre de tous les désagréments qu’entraîne ce genre d’expédition, et qui, sympathique et sachant manier l’art, non pas du roman, mais de l’autodérision, nous distrait par le récit de ses mésaventures ? Car une chose est certaine, traverser Bornéo à pieds n’est pas recommandé, et le lecteur se demande bien à quelle sauce le héros va être mangé ! L’auteur-aventurier dépense toute son énergie à trouver des guides, des accompagnateurs. Cette quête l’accapare, atteindre son but - l’autre côté de l’île de Bornéo - l’obsède. Il prend des risques, mais je vous rassure, il survivra, et de son journal modifié, il tirera le récit rocambolesque de son expédition. Un seul problème, et de taille ! Il a passé plusieurs mois au cœur d’un des écosystèmes les plus sublimes, les plus fascinants de la planète, et obnubilé par l’idée de réaliser son exploit, il a purement et simplement oublié de nous en parler…. j’exagère, il lui a consacré une dizaine de pages…sur trois cents ! Un étranger dans la forêt , d’Eric Hansen, est l’archétype du « récit de Nature » à l’américaine, transposé à Bornéo. L’auteur qui s’exprime à la première personne, nous raconte son aventure, son quotidien. S’il est modeste et ne se présente pas comme un héros, la critique s’en charge, le livre se vendra mieux. L’ « écrivain de Nature » anglo-saxon, est le petit frère du romantique allemand, celui qui, seul face à l’immense nature torturée, réussit, comme le minuscule fruit rouge illuminant le vert des feuillages, à prendre toute la place dans le tableau, et si son style est moins lyrique, il compense par un délicieux sens de l’humour. On aime les lire, certains nous enchantent, on aimerait aussi lire autre chose.

Pour découvrir et comprendre les forêts tropicales, nous avons en France des documents ou reportages écrits par des professionnels dans tous les domaines liés à l’étude des forêts tropicales. Je peux citer, pour les avoir lus, d’excellents ouvrages assez récents : Les Mille et une forêts , de Ludovic Frère, Forêts tropicales, jungle internationale , de Marie-Claude Smouts, Ces forêts qu’on assassine , d’Emmanuelle Grundmann. Dans le même genre, on trouve également en anglais, plus ancien, In the rainforest de Catherine Caufield. Ces livres indispensables, d’un accès plus ou moins facile, souffrent malheureusement du problème que rencontrent tous les ouvrages présentés comme des livres d’actualité, ils « datent » rapidement, en ce sens qu’on finira par penser que le propos du livre n’est plus pertinent. Alors que dans le cas de la destruction des forêts tropicales, ces livres sont au contraire de plus en plus d’actualité, de plus en plus pertinents…et qu’il faut absolument les lire ! Incontournables également, si l’on veut véritablement étudier les forêts tropicales humides, sont les énormes travaux des scientifiques comme, La forêt tropicale humide d’Henri Puig, le magnifique Plaidoyer pour l’arbre de Francis Hallé, et son essai majeur La condition tropicale , ainsi que Belalong, a tropical rainforest de David S.Edwards et Earl of Cranbrook (en anglais). Un autre bel ouvrage passionnant, consacré aux arbres : Le traité de l’arbre de Robert Dumas.

Pour revenir à la forêt de Bornéo, comment l’aborder, comment la représenter, la peindre, l’écrire, sans recourir une fois de plus au récit personnel de l’auteur-narrateur-aventurier qu’on nous assène comme étant La Littérature-Nature estampillée « authentique » au point que la critique ne peut concevoir un seul instant qu’un texte consacré à la forêt ne soit pas un « journal modifié » ? Permettez à la littérature consacrée à la Nature de s’émanciper, de s’éloigner des clichés imposés comme étant ce qui se fait, donc ce qui se doit, et ce que le lecteur hypothétique fantasmé attend impérativement. Permettez aux personnages fictifs et à l’auteur de s’effacer devant cette nature grandiose, qu’elle prenne leur place, qu’elle s’impose, que la multiplicité des espèces et la complexité de l’écosystème soient à la fois le point de départ, le décor, le moteur et l’ultime but de la narration, qu’elles soient le texte même, et que ce texte 100% végétal nous permette d’entrevoir les milliers d’espèces animales dissimulées. Que le lecteur accède enfin à l’étonnante réalité de la forêt tropicale humide !

Le roman est un art qui ne se nourrit pas de séances de « creative writing » ni de conventions. C’est un art qui, en France et ailleurs, se renouvelle sans cesse. Que peut donc être le roman de la forêt de Bornéo si ce n’est un texte qui sort des sentiers battus ? Tout sauf le « journal modifié » de l’auteure !

Pascale Mathex, auteure de Voyage en forêt tropicale , roman-document, Éditions Favre 2011





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