








La mise en vente avec ordonnance médicale du Distilbène* aux femmes enceintes (pour éviter des fausses couches) a engendré des maux ultérieurs chez de nombreux enfants : malformations de l’utérus, infertilité, grossesse à risque, fausse couche, cancer du sein, du vagin et de l’utérus ultérieures. L’une de ces victimes, Stéphanie Chevalier, présidente des « filles DES », se bat depuis dix ans pour faire reconnaître cette responsabilité. Dix ans de recherches de preuves, d’examens médicaux, de constitution de dossiers, de rencontre d’autres victimes ; et ce, en vue d’un procès qui ferait reconnaître les risques pour la santé et rétablirait les responsabilités de chacun (UCB Pharma le laboratoire fabricant). En mai dernier, un tribunal juge ce laboratoire responsable « des dommages résultant de l’exposition au Distilbène » de la plaignante S. Chevallier. Mais aujourd’hui UCB Pharma décide de faire appel, en dernière limite. Une tactique efficace. Les plaignants épuisés, « découragés financièrement ou psychologiquement » sont poussés à l’abandon.
Nous, nous refusons d’abandonner. Nous refusons que des femmes souffrent dans leur chair toute leur vie. Nous refusons que la cause de leurs souffrances soient oubliées. Ne sommes -nous pas - toutes et tous – concerné(e)s par d’aussi redoutables risques.
Jane Hervé
* Livre Un empoisonnement universel, comment les produits chimiques ont envahi la planète, Fabrice Nicolino, Les liens qui libèrent, p 179-182 ; Au nom des filles Distilbène, Gaelle Dupont, Le Monde, 3 décembre 2014, p 7





