









Si l’on veut pouvoir continuer à s’émerveiller, il ne faut pas rester passif
Le Felipé : Comment avez-vous démarré ce projet ?
Dimitri Delmas : Le choix du sujet s’est fait dans un premier temps par l’évidence du constat : les animaux sont très menacés et ce phénomène illustre le fait que l’on traverse une grave crise écologique. J’ai voulu aborder cette thématique dans un livre destiné à la jeunesse, avec une vision très graphique de la situation. J’ai d’abord dessiné les croquis des silhouettes animales, en commençant par l’ours polaire, puis j’ai retravaillé le tout par ordinateur. Pour la structure générale de l’ouvrage, j’ai choisi trois thèmes de composition : les animaux qui vivent dans l’eau, sur terre et dans les airs.
En plus de ces illustrations, l’ouvrage contient beaucoup d’informations scientifiques !
Dimitri Delmas : J’ai travaillé avec Florian Kirchner, de l’UICN (Union Internationale pour la conservation de la Nature) France, pour toute l’information chiffrée. Il était important pour moi d’avoir cette caution scientifique. C’est un documentaire avec des illustrations qui montrent que derrière ces animaux icônes, il y en a beaucoup d’autres moins connus, qui méritent également notre attention. Comme le rappellent les scientifiques, chaque espèce est importante. Je ne pouvais pas parler des 20.000, alors j’en ai choisi 65 : les plus populaires, comme la baleine ou l’éléphant, mais aussi des moins connues, comme le calao bicorne. J’ai aussi tenu à proposer une lexique en fin d’ouvrage pour rendre plus claires certaines notions et sigles.
C’est important, au-delà du constat, de montrer aux jeunes lecteurs comment agir ?
Dimitri Delmas : Oui, car c’est une évidence : les enfants sont les acteurs de demain, il est important de les sensibiliser à ces questions, et d’être porteur d’un message d’espoir. C’est encore possible d’agir ! En parlant de ces animaux, en participant à des stages nature, pour mieux la découvrir et la connaître ou bien en adhérant à une association environnementale. Si l’on veut pouvoir continuer à s’émerveiller, il ne faut pas rester passif.
Dans cet ouvrage, les animaux sont aussi une porte d’entrée pour aborder d’autres thèmes...
Dimitri Delmas : Oui, la déforestation par exemple, ou la protection des mers. Protéger les animaux ne va pas sans protéger leur habitat. C’est l’imbrication de toutes ces problématiques qu’il est important de montrer. Quand on voit la façon dont les forêts primaires se réduisent, on ne peut que être frappé par l’ampleur du phénomène, et il est important de relier cela aux espèces qui vivent dans ces lieux.
Propos recueillis par Alice Gilloire





