









Ce petit ouvrage présenté par Yann Arthus-Bertrand possède non seulement une grâce exquise* (format, caractères, photos magiques d’ébènes en fleurs roses ou de rennes en liberté) mais aussi une réelle portée informative. Réalisé avec les ambassadeurs (et drices) « de bonne volonté » du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, il révèle le rôle capital joué par nos forêts avec une touche de poésie (Nazim Hikmet), un brin de romantisme (Chateaubriand), une sagesse tous azimuts (proverbe cri ou chinois) suivies d’opportunes statistiques. Pédagogique, il invite à la découverte de ces lieux qui couvrent 26% de la planète, de leurs habitants réels ou imaginaires (tribus, esclaves, loups-garous) , de ses usages (cueillette, santé) ou de ses services (biodiversité, réserve d’eau, recyclage de l’oxygène et élimination de la pollution, vertu thérapeutique découverte de 5 000 espèces sur 250 000 à analyser, etc.). Tant de menaces pèsent sur cette verdure rongée par la déforestation ou les pluies acides, décimée par les feux de forêt (1 million d’ha au cours de l’été 2010 pour la seule Russie, 350 millions au total par an). Des impératifs pragmatiques de protection dérivent de ce dur bilan : il faut confier la forêt aux communautés qui l’habitent. Actuellement pas moins de 1,6 milliards d’hommes subsistent grâce à elle.
Sauver les forêts (moyen comme garde-manger), c’est sauver l’humanité (fin comme nourriture ou médicament), conclut-on aisément. Il faut cependant inverser cet apophtegme. L’humanité doit gérer et modérer d’abord ses besoins (huiles, meubles, etc.) pour sauver la forêt (finalité) et empêcher d’engendrer ça et là d’inquiétants déserts.
Ne pas oublier que cet opuscule pourrait être un cadeau initiatique incitant à préserver pour cause de... beauté !
Jane Hervé
12 €





