









C’est un petit livre exquis à tous égards.
Tout d’abord par la beauté intérieure, très à la Giono, de ce berger * magnifique « qui plantait l’espoir et faisait pousser le bonheur (The man who planted hope and grew happiness) ». Poussé par une profonde générosité humaine, il s’obstinait à planter des glands soigneusement sélectionnés - cent par cent - sur des terrains qui ne lui appartenaient pas. Un cadeau sans retour fait à la terre même qui, des années plus tard, donna une immense forêt que tous crurent « naturelle ». Dans la solitude des cimes, cet homme qui ressemblait à « un arbre solitaire » a transformé son rapport au milieu, en introduisant la vie sur le sol desséché de Haute-Provence. Avec ces chênes, ces hêtres et ces bouleaux, il a inventé sans le savoir le développement durable.
Ensuite par les lithographies puissantes et poétiques de Joëlle Jolivet qui savent rendre la force à l’écorce et l’âpreté sauvage aux paysages de Provence. Deux gravures, muées en pop-up par Gérard Lo Monaco, mettent en relief les perspectives brûlées avant la plantation et la verte luminosité après la pousse des arbres. L’imaginaire du lecteur visionne ainsi la transformation du réel.
De fait, l’histoire renvoie à la propre enfance de Giono dont le père - inspirateur secret de ce berger - ramassait et plantait déjà des glands. Ce succès de librairie (650 000 exemplaires vendus) est la version pour les jeunes de la réédition pour adultes du même éditeur (collection Blanche).
Jane Hervé
* qui n’a probablement pas existé.
11,50 €.





