









C’est vrai que le récent documentaire Bovines (Emmanuel Gras) a révélé la sensibilité et l’invention de techniques (ramassage de pommes) des vaches, mais le présent opuscule informe d’un comportement stupéfiant. Une vache, qui a eu des jumeaux d’un seul coup, s’était vu jusqu’alors enlever cinq petits pour la boucherie. N’a-t-elle pas eu l’extraordinaire idée de dissimuler l’un des deux nouveau-nés et d’aller le nourrir en catimini, jusqu’à ce que sa ruse soit découverte (à cause de ses pis vides) ? Un comportement animal troublant, parmi d’autres révélant tant le sens politique des singes que le sens moral des rats et des souris. Voila qui devrait nous inciter à réfléchir à la cause animale : chaque année, 10 millions d’animaux servent à des expérimentations scientifiques, 60 milliards d’animaux terrestres et 10 000 milliards de poissons sont tués pour nourrir les humains. L’élevage intensif de nature concentrationnaire, les mutilations, les gavages, le transport et l’abattage cruel sont le lot des bêtes. Rien ne les protège, hormis le statut récemment obtenu d’ « êtres vivants doués de sensibilité » (2014). Donner des droits aux animaux imposerait de révolutionner pensée et éducation : ne mange-t-on pas du beefsteak avant de penser que c’est du bœuf. Cette invitation à la désobéissance a une histoire que montre les coutumes ou la philosophie (djaïnisme, Bishnoïs, Socrate, etc.). Elle informe sur diverses campagnes contre l’élevage industriel : l’association L214 qui dépose plainte contre Charal, les Canadiens luttant contre l’abattage des chevaux en de grande souffrance, les luttes menées contre les corridas, les opérations de sauvetage d’animaux sauvages ou d’élevage. Elle liste les nouvelles consommations végétarisme ou végétalisme, végane (alternatives végétales à la viande). Des pistes pour « aller plus loin » (sites, associations) terminent ce livre salutaire.
Jane Hervé





