









Jacques Caplat, agronome ayant participé à la création du Réseau Semences Paysannes, propose une réflexion collective en deux temps : celui de la compréhension et celui de l’action dans cet ouvrage qui mue finalement la réflexion en action.
Tout le monde (ou presque) peste contre les pesticides chimiques (insecticides, fongicides, herbicides, parasiticides, bactéricides, molluscicides, etc.). En les masquant sous la terminologie trompeuse de « produits phytosanitaires » cad censés soigner, les fabricants omettent de préciser ce qu’ils détruisent. Utilisés après les deux guerres mondiales, ils résultent purement et simplement du recyclage des industries d’armement (ammonitrate, gaz moutarde) ! Ils ont pourtant montré leur nocivité sur les éléments (eau, terre, air) et sur les êtres vivants (plantes, animaux et bien sûr les humains). 128 résidus chimiques ont été trouvés dans la nourriture d’enfants d’une dizaine d’années (dont 36 pesticides, 47 substances cancérigènes, et 37 perturbateurs endocriniens. Autre façon de dire que par le biais de l’alimentation, nous sommes en train de fabriquer une nouvelle race de mutants (que nous pourrions bientôt qualifier de « pesticisés », par analogie à « alcoolisés » !).
Comment lutter contre ces envahisseurs polluants ? Quelles actions tous azimuts mener ? Bannir l’énergie fossile qui, couplée à la mécanisation et aux pesticides, appauvrit les terres. S’orienter vers l’agriculture biologique, en protégeant l’eau (sans doute aussi l’air ?), associant diverses cultures, introduisant des rotations, et utilisant des « préparations naturelles peu préoccupantes » (PNPP) tout en s’adaptant aux variétés locales et végétales.
Maîtriser le foncier soutenu par les Safer (*) qui ont le droit de préemption pour des motifs environnementaux, informer les relais locaux des AMAP et de Terre de lien en cas de transaction foncière, lutter pour que les semences paysannes ne soient pas soumises à des brevets et subissent la biopiraterie, abandonner les OGM (qui réduisent les pesticides mais secrètent un insecticide), créer une maison de la semence. Bref, si nous voulons survivre, il nous faut reconsidérer nos orientations agricoles (communes ou non). Sur le fond, nous devons redonner à la nature la place qu’elle n’aurait jamais dû perdre, afin d’éviter cette lente auto-destruction de la vie et de l’homme. Autant de démarches qui doivent impérativement aboutir, via les parlementaires français, jusqu’aux parlementaires européens.
Jane Hervé
* SAFER, Société d’Aménagement foncier et d’établissement rural
10 €





