









S’interroger sur les origines pour choisir d’autres fins environnementalistes
L’ouvrage collectif est une tendance actuelle pour traiter d’environnement ou d’écologie. Sans doute avons-nous implicitement besoin du soutien de tous pour donner du poids (i) ce qui devrait être une évidence : les incertitudes environnementales imposent la réforme certaine de nos modes de vies. Pour baliser, valider et valoriser ces ébauches de réflexion tous azimuts, les directeurs du projet - Pierre-Henri Gouyon et Hélène Leriche - se sont adjoints deux pointures en astrophysique et en écologie : Hubert Reeves pour la préface et Nicolas Hulot pour la postface. Ces garanties intellectuelles et militantes enserrent des articles de qualité aux angles variés qui modulent le lien que la nature entretient avec les cultures via l’homme. Chacun de ces articles se partage entre la nécessaire vulgarisation (expliquer, toujours expliquer pour mieux convaincre) et l’interrogation qui lance - au moins - le débat sans prétendre résoudre nos désarrois philosophiques. Y-a-t-il un ou des environnements, une ou des biodiversités (génétique, économique), une ou plusieurs solutions pour éviter l’aggravation des déprédations ? Pour argumenter, le livre convoque aussi bien Jonas que Nietzsche, Baudelaire que Michel Serre, Adam Smith qu’Aldous Huxley.
L‘itinéraire proposé par les chercheurs suit l’évolution de l’univers, en ponctuant les étapes de questions, parfois de réponses. Au départ, il y avait la Terre, cette production originale de la matière et intégrée au système solaire dans l’univers. Là, de l’océan (ii)a surgi la vie dont l’homme, lequel s’est approprié l’univers en le muant en territoire personnel et en environnement, dont sont écartés les animaux et les hommes premiers. Pris à leur propre piège, les hommes seconds (invention personnelle) ont inventé l’ère écologique (entamée par Linné-Buffon-Darwin), la biodiversité génétique et même la mathématique pour masquer le chaos. Les rôles de la terre et l’eau (oubli de l’air), le rapport à l’animal, l’importance des bactéries et l’évolution des nouvelles maladies entrent dans la démarche réflexive.
Cette fresque géante d’un monde en transition aboutit au besoin de « réconciliation » de l’homme et de la nature (serait-ce grâce à l’écologie industrielle), des agriculteurs et des écologistes. A ce propos, il apparaît que « les paysanneries pauvres du sud puissent être un modèle pour les pays du nord (Marc Dufumier).
De fait, si la prise de conscience est collective, les actions respectueuses de l’environnement restent individuelles. Pour aboutir, il est urgent d’édicter un droit pour l’environnement - et pourquoi pas « à l’environnement » - à décider et accepter universellement. Pour défendre un bien commun (biodiversité), il nous faut déjà reconnaître qu’il est commun ! Difficile de penser qu’en vérité nous devons faire la révolution universelle, non contre d’autres humains, mais contre nous-mêmes et nos exigences destructrices de chaque instant (calculées sous forme polie d’empreinte écologique). De fait, cette nature à restaurer n’est plus désormais considérée comme telle, mais bien comme « un capital » à inscrire dans notre « retour à la vie sauvage ». En effet, la responsabilité que nous avons envers les générations futures impose de respecter des écosystèmes viables.
Hervé Jane
(i)Au demeurant, l’ouvrage pèse près d’un kilo !
(ii)Rien n’est dit sur le rôle de l’air.
48,90 €





