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La 13e édition du festival
Le 17-18 octobre 2015
A la Bellevilloise
19-21 Rue Boyer
75020 Paris
Le thème : le climat
Entrée libre et gratuite

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A la rencontre de Camille
Interview de l’auteur collectif du Petit livre noir des grands projets inutiles

Le Felipé : Qui est Camille ? Pourquoi publier de manière anonyme ?
Ce nom est un peu un clin d’œil, c’est le nom employé sur la ZAD (Zone À Défendre) de Notre-Dame-des-Landes, la majorité des gens qui vivent là-bas ont décidé non pas d’être anonymes, mais en tout cas de ne pas se mettre en avant, d’avoir une identité générique, d’éviter les « porte-parole ». Et comme Notre-Dame-des-Landes est un peu le fer de lance actuellement de la lutte contre les grands projets inutiles, on trouvait que c’était un bon nom d’auteur, pour un livre qui a été écrit par une vingtaine de collectifs.

Le Felipé : Et quel est donc le propos de ce livre ?
Il s’agit de dénoncer tous les projets actuels d’autoroutes, d’aéroports, de lignes à grande vitesse, de centrales nucléaires, de stades de foot ou de rugby, de centres commerciaux… qui voient le jour sous prétexte de relancer l’économie. De Notre-Dame des Landes à Bure en passant par Flamanville, Gonesse, Gap, Creys-Malville, Lyon, Rouen, Toulouse, la Picardie, le Morvan ou les Landes… Les politiques pensent que plus on construit, plus on crée de l’emploi et donc on relance la croissance et la consommation. Or ce système est totalement mensonger. De façon synthétique, ce petit livre se propose donc de décrire les dizaines de projets inutiles buttant sur ces mobilisations ô combien nécessaires. Partout où des grands projets inutiles sont en cours, heureusement, des collectifs de citoyen-nes se lèvent pour s’opposer et organisent une résistance.

Le Felipé : Quelle est la principale caractéristique pour vous de ces grands projets inutiles ?
Tous ces projets sont un gaspillage d’argent et d’énergie, et une destruction irrémédiable de la nature et du climat. Les crises écologiques devraient nous amener à changer de modèle, or la classe politique ne veut pas entendre ce message. Le transport est aujourd’hui la principale cause des émissions de gaz à effet de serre (26%), et on continue à prévoir des autoroutes dans tous les sens, et puis des aéroports et des gares autour desquels il faut encore construire d’autres routes… Il faut bien avoir à l’esprit qu’un kilomètre d’autoroute coûte environ 10 millions d’euros ! Quand on regarde le paysage français, on voit que ces nouveaux projets de routes n’ont rien à voir avec l’aménagement du territoire : l’équipement en infrastructures de transports est déjà largement suffisant dans la France entière. La France est un des pays les mieux dotés en infrastructures de transport : plus d’un million de kilomètres de voies routières (dont 11 042 kilomètres d’autoroutes), 29 473 kilomètres de voies ferrées exploitées (dont 1 881 de LGV)… La seule chose qu’apportent ces projets, c’est un gain de vitesse, et il ne profite qu’à une part minime de la population ; ce sont donc des projets extrêmement coûteux par rapport au bénéfice social qu’ils apportent. Des projets peu rentables, chers à l’usage et injustes. Des projets faits pour les gens qui travaillent dans les grandes métropoles uniquement. Il y a donc un phénomène de captation de l’impôt pour des intérêts très particuliers. Illich appelle ça « les capitalistes de la vitesse ». Les lignes TGV qu’on fait, on nous vend ça comme des vecteurs de développement du territoire mais en fait ça développe juste des métropoles qui captent déjà la majorité de l’emploi et de l’économie. On assèche des bassins entiers d’emploi, on augmente la désertification… C’est pensé dans les ministères, les grandes écoles… et totalement déconnecté de la réalité des territoires.

Le Felipé : Dans votre livre, vous parlez aussi beaucoup du nucléaire…
Évidemment, car ce sont les projets les plus dangereux. La France s’est engagée dans cette filière dans les années 1960, et ne parvient pas à sortir de cette logique. On nous promet que les déchets nucléaires vont rester tranquillement enfouis sous terre pendant cent mille ans et qu’il ne va rien se passer de grave, c’est un peu facile, aucun de nous ne sera encore là dans cent mille ans pour le vérifier ! Si on ne veut pas accentuer la dangerosité des déchets, il faut les traiter, et EDF ou Areva nous disent qu’on va les enfouir pour cent mille ans ! Une fois qu’on aura stocké les déchets, est-ce qu’on peut être sûr qu’il ne va rien se passer ? On ne peut avoir aucune certitude, on l’a vu avec Fukushima et même dans d’autres cas, car des incidents dans les centrales nucléaires françaises, il y en a quand même des dizaines par an ! Heureusement ils ne sont pas tous catastrophiques, mais il y en a souvent. Avec la politique d’enfouissement des déchets, on se retrouve devant la politique du fait accompli, avec des certitudes qui nous sont assénées sans qu’on puisse vérifier. En 2015 va commencer l’expérience d’enfouissement des déchets, et donc toute une région va se retrouver avec des dizaines de mètres cubes sous nos pieds, et sans savoir ce qui pourra se passer. On est d’ailleurs dans des exemples de corruption pure et simple, car pour faire accepter des projets aussi nuisibles il y a des dizaines de millions d’euros qui sont déversés sur les communes impactées par ces projets, qui permettent aux maires de refaire l’éclairage, de faire des piscines etc. ; ils transforment les villes en casinos géants pour faire passer la pilule. On est dans un véritable déni de démocratie, en général les populations une fois bien informées sont contre ces projets mais c’est déjà trop tard, les élus locaux ont entériné les décisions. Ce genre de projet, tel qu’il est décrit aux populations, est toujours présenté comme extrêmement propre, plus propre que la nature ; c’est risible.

Le Felipé : Est-ce qu’il reste quand même des raisons d’espérer ?
Dans notre ouvrage nous avons listé des projets qui ont été abandonnés, pour bien montrer que certaines luttes ont été victorieuses… Par exemple Superphénix. En 1997, Lionel Jospin a concédé l’arrêt du surgénérateur à ses alliés écologistes. Mais le coût total de l’opération a été estimé à 60 milliards de francs par la Cour des comptes en 1997 (soit près de 13 milliards d’euros de 2013), et le chiffre réel est probablement encore bien supérieur !
Et du coup, évidemment, dans cette catégorie il y a maintenant la centrale nucléaire EPR de Flamanville. Ce nouveau réacteur ne fera qu’ajouter de la surproduction nucléaire à la surproduction existante, car la France exporte à bas coût une électricité dont elle ne sait que faire. L’EPR n’est qu’un outil de prestige, une vitrine commerciale censée appâter les clients étrangers… qui a déjà dépassé les 8,5 milliards d’euros ! (alors qu’il était estimé à 3,3 milliards au départ)

Le Felipé : Comment expliquer la prolifération de tous ces projets inutiles ?
Ce sont des projets anti-démocratiques, il n’y a pas de vraie concertation bien que ce mot soit beaucoup employé, et ce sont des projets décidés par une classe politique qui ne voit pas vraiment l’évolution de la société. Car même si on se met dans la logique libérale, ces projets ne vont pas être rentables. Le secteur public perd tout et le privé gagne un peu, mais ça ne rapporte pas tant que ça. Le modèle économique qui fonctionnait dans les années 70 et 80, quand on a privatisé toutes les autoroutes, ne marche plus pareil aujourd’hui. Les sociétés d’autoroutes, les aménageurs publics, vendent du vent, ils parlent de trafic routier, de développement du territoire, or les gens ne font que passer sur ces autoroutes, ils ne s’arrêtent pas, et les chiffres du trafic sont souvent gonflés du simple au triple ou au quadruple ! Concernant le Tunnel Lyon Turin par exemple, même la Cour des Comptes a souvent lancé des alertes sur le fait que les prévisions de trafic étaient fausses. Et le coût de tous ces grands projets inutiles est toujours sous-évalué.

Le Felipé : Quel est le projet qui vous paraît le plus fou, dans la vingtaine que votre livre répertorie ?
C’est peut-être celui d’Europa City, « le plus grand centre commercial et de loisirs du monde », qu’Auchan veut construire dans le Val-d’Oise à Gonesse. Ils prévoient 500 boutiques, 20 000 m2 de restaurants, 50 000 m2 d’activités culturelles, 20 000 m2 d’espace de congrès, 110 000 m2 d’hôtels, 80 000 m2 de locaux techniques et administratifs, 150 000 m2 de loisirs et… une piste de ski indoor ! Ce temple de la démesure dédié à la consommation serait bâti au coeur du « triangle de Gonesse », sur un espace agricole de 1 000 hectares (dont 300 déjà urbanisés), près de l’autoroute A1. Un projet aux coûts faramineux en terme d’investissements publics, évalués à près d’un milliard d’euros dont 100 millions rien que pour les infrastructures routières !





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